> Vivian MAIER – New York – Juin 1954

Vivian Maier est une photographe de rue « amateur », découverte après son décès, et qui est devenue la coqueluche du marché de l’art.

Vivian Maier (1926-2009), photographe américaine, est qualifiée « d’amateur » car :
– Elle n’a jamais exercé la profession de photographe. Elle a travaillé une bonne partie de sa vie comme « gouvernante d’enfant » dans des familles de Chicago.
– Ses photographies ont été découvertes après sa mort, totalement par hasard, par un simple particulier qui les commercialise depuis sa trouvaille (avec l’aide de la galerie Howard Greenberg de New York quand même…).
L’histoire surprenante de Vivian et de son talent a bouleversé le monde des amoureux de la photographie, collectionneurs et marchands.

Comment des photographies prises par une gouvernante de Chicago ont-elles rencontré le marché de l’art ?
En 2007, John Maloof, un ancien agent immobilier de 25 ans, recherche des photos pour illustrer un livre à venir sur un quartier de Chicago. Il achète dans une vente aux enchères pour environ 400 dollars un lot de négatifs (entre 100 000 et 150 000) en noir et blanc, plus de 3000 tirages et des centaines de pellicules Ektachrome non développées. C’est le coup de chance extraordinaire dont rêvent tous les collectionneurs !

John Maloof retrouve l’identité de l’auteur de ces photographies, Vivian Maier qui vient juste de mourir. Puis il se lance dans la commercialisation de ces tirages pour la plupart jamais développés.

Une problématique autour de l’oeuvre de Vivian Maier

L’exploitation que fait le découvreur de l’oeuvre de cette artiste pose le problème de la commercialisation du tirage posthume.
Acquérir un tirage vintage ou tirage d’époque, c’est-à-dire un tirage réalisé peu de temps après la prise de vue, est une priorité pour un collectionneur. Mais beaucoup optent pour un tirage posthume, moins cher qu’un tirage vintage. De plus, beaucoup de tirages posthumes sont faits sous le contrôle de l’artiste ou par un tireur avec lequel il travaillait, ce qui peut en renchérir la valeur.
Dans le cas du découvreur de Vivian Maier, il s’agit de tirer des positifs à partir de négatifs que la photographe n’a jamais fait développer de son vivant. Le dépositaire des négatifs peut donc effectuer des recadrages que l’artiste n’aurait pas autorisés. L’oeuvre pourrait échapper totalement aux intentions de son auteure…

Mais il reste que Vivian Maier est célèbre maintenant grâce à la qualité esthétique de ses photos mais aussi grâce aux circonstances un peu folles de la découverte de son œuvre. Celle-ci a pris, petit à petit, de la valeur sur le marché de l’art.
Mais on peut se poser la question suivante : est-ce un phénomène de mode ?
Les musées sont encore réticents à l’inclure dans leurs collections pour plusieurs raisons. Ils se méfient en général des retirages et n’achètent que des tirages vintages. Et les musées se méfient des engouements du marché.

Mais les galeries proposent sans états d’âme les photographies de Vivian Maier. John Maaloof, son découvreur, travaille  avec la Galerie Howard Greenberg de New York, internationalement reconnue et première sur le marché de la photographie de rue.

Les prix, ces dernières années, pour une photographie de Vivian Maier se placent dans une fourchette de 2000 € à 4000 € (nous sommes en 2018). C’est un prix inférieur à celui de tirages posthumes d’autres photographes célèbres dans le registre photographie de rue ou photographie humaniste.
(Voir ci-dessous un exemple de prix).

Ce qu’il faut savoir sur Vivian Maier

Une grande photographe de rue.
Avec un Rolleiflex, puis un Leica (donc format carré), elle a photographié la vie des rues de New York et de Chicago. Son style est moins dynamique que celui de Garry Winogrand, mais parfois aussi tendre que celui de Willy Ronis, grand représentant du courant humaniste français.

Des autoportraits sans complaisances et en quantité énorme.
Le moindre morceau de miroir rencontré dans ses promenades lui inspirait une prise de vue de son image. L’image captée est sans complaisance et souvent son appareil photo est visible, ce qui peut apparaître comme une revendication du statut de photographe. (Voir un autoportrait ci-dessous)

Une volonté délibérée de ne pas être une artiste.
Elle est restée inconnue de son vivant car sa volonté était de rester anonyme. Elle a choisi le métier de gouvernante pour être libre de pratiquer la photographie. Avec un corpus d’une centaine de milliers de clichés, la photographie semble être plus pour elle une activité principale qu’une passion même débordante. On sait d’elle qu’elle était très cultivée et qu’elle a voyagé dans plusieurs pays.

Une photographe américaine un peu française.
Elle est « un peu française » par sa mère. Celle-ci, vraiment française, a émigré à New York où Vivian est née.
Vivian a séjourné dans la vallée du Champsaur (Hautes Alpes) quand elle était enfant, entre 1932 et 1938 car c’est la région d’origine de sa mère, puis elle y est retournée dans les années 1950. 

Un exemple de prix : 2000 € – Autoportrait Région de Chicago – octobre 1975 – Impression chromogénique – 10 x 15 pouces – Impression tardive – Stand de la galerie Howard Greenberg (NYC) à Paris Photo 2018

Autoportrait Région de Chicago - octobre 1975 chromogénique 10 x 15 - Impression tardive -Galerie Howard Greenberg

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